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Claire

Diptyque, Claire apparait de dos.

Pourquoi suis-je si pressée ? A l’évidence, parce que je suis mortelle. Alors forcément, ça me donne envie de tout faire, tout voir, tout écouter, tout expérimenter. Sauf que, je réalise qu’une seule vie ne suffirait pas, et ça, ça me donne le vertige. Alors de temps en temps, j’appuie sur l’accélérateur, pour être sûre, de ne pas en perdre une miette. Christophe André, le psy qui t’apprend à vivre un peu plus heureux, dira que ce sentiment s’appelle « l’accélérite, une sorte d’inflammation de notre sentiment de manquer de temps. » Au fond, c’est légitime, naturel, même. Ce qui l’est moins, en revanche, c’est que, cette frénésie acheteuse est stimulée par la société de consommation, dans laquelle nous vivons, proposant pléthore de bonheurs matériels dans un but purement lucratif. Alors, lorsqu’une jeune marque, revendique une éthique « slow », je veux savoir si entreprendre vertueusement est possible.

J’ai donc rencontré Claire, co-fondatrice de Atelier Nubio, dans le 11° arrondissement de Paris.

 

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Pourquoi et comment as-tu créé Atelier Nubio ? (avec Gabrielle l’autre fondatrice de la marque)

Le salariat était un modèle trop loin de mes aspirations, j’aimais donner mon avis, partager mes opinions et c’était plutôt mal vu. Nous étions salariées dans une start-up, avec Gabrielle (son associée, ingénieur agronome), Hello Fresh. Le principe, c’était des ingrédients et des recettes, ça a duré 1 an. C’est parti d’un désir commun de monter notre propre boite, nous avons toutes les deux l’âme d’entrepreneuses. J’étais très investie dans La ruche qui dit oui, j’avais un extracteur de jus, et à ce moment-là, ce qu’on trouvait sur le marché était médiocre. J’ai proposé ce projet à Gabrielle, et on s’est lancées avec cette naïveté du novice. Malgré toutes les embûches du début, on était tellement connectées au produit qu’on a continué.

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Dans l’atelier-bureau de Nubio, on trouve tous les produits de la marque.

 

La marque Atelier Nubio est ultra puriste, chaque produit a un bienfait sur le corps et l’esprit, ça reste néanmoins une marque du quotidien pour se faire du bien. On ne donne aucune règle de vie, on donne une vision du lifestyle qui nous convient. Les recettes des jus frais de légumes, Atelier Nubio sont le résultat d’une élaboration précise, ayant pour but l’excellence nutritionnelle et gustative.

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Quelle est ta vision du lifestyle ?

Je recherche l’harmonie entre manger et se retrouver, avec beaucoup d’authenticité et d’instinct. La commensalité, le fait de partager de bons produits, autour d’une table, avec des amis est un vecteur important, dans mon souci du bien-être.Tout comme on le faisait dans ma famille, tous, autour de la table, on partageait les produits du potager. Mon goût a été éduqué très jeune. Mes grands-pères étaient respectivement, pêcheur, et paysan, et je suis née dans un tout petit port de pêche à Douarnenez, la capitale de la sardine.

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Ton rapport à la nourriture ?

Les légumes de saison, avec la bonne cuisson, et les bonnes associations d’huiles, d’épices, d’herbes sont plus importantes, à mon sens que la cuisine gastro. J’ai toujours énormément cuisiné, dans ma famille on cuisine énormément, c’est un art de vivre. J’ai été végétarienne très jeune, déjà ado, ce qui n’était absolument pas la norme dans mon collège en province. Mes parents faisaient partis des premiers adhérents Biocoop, ils préféraient le bio, et le pain au levain, pour leurs qualités gustatives, de manière instinctive. Alors que moi, j’intellectualise beaucoup plus le fait de manger, il y a ce rapport à la santé, au bien-être qui est prépondérant.

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Tes habitudes alimentaires ?

La recherche du bien-être, dans l’acte de manger est tout aussi important, que le caractère social et convivial d’un repas. Pour autant je me fais 2-3 jours de cure de jus, par plaisir, ça me permet aussi de me poser des questions sur mes habitudes alimentaires, mes addictions. Le café, c’est un rituel chaque matin, avec Gabrielle, je pourrais me passer de cette boisson mais j’en apprécie le moment.

Il y a un rapport direct, entre ce que je mange, et ma forme physique, et mentale, mes idées sont plus claires, plus vives. Les cures de jus, on conseille de les faire en couple, pour la commensalité justement, mais une cure de jus, seule, ça permet de se retrouver avec soi-même.

Je ne suis pas une théoricienne de l’alimentation, mais il me semble, qu’il n’y a pas de « mauvaises nourritures ». Il y a autant de nourritures, que d’individus, la cure de jus, permet de comprendre ce qui te correspond.

J’expérimente beaucoup sur moi, en retirant certains aliments, en les réintroduisant, et c’est assez stupéfiant. Le vin, par exemple !

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En famille, entre amis, comment envisages-tu les repas ?

Finalement, chacun fait un peu ce qu’il veut, mon mari a adopté plein de gestes « bien-être ». A 90% on mange la même chose. En revanche, le dimanche soir, si je cuisine de l’amarante, avec du houmous, et plein de légumes crus, il peut manger des pâtes au fromage, je lâche totalement prise. J’aime cuisiner les aliments que j’aime, mais chacun est libre, je ne veux pas qu’il y ait de frustration.

Cuisiner pour un bébé, c’est exaltant, il y a toujours la surprise de l’appréciation. J’adore préparer moi-même, les repas de ma petite fille, des légumes frais, avec des huiles différentes, des épices. Elle aime le fromage, le poulet, elle est assez curieuse.

Avec mes amis, je cuisine très green et j’opte pour des recettes moins minimalistes. Je fais beaucoup de tartinades à base de légumineuses, avec du bon pain au levain, des bons crackers, accompagné de légumes lacto-fermentés, de jeunes pousses. Je m’amuse à leur faire découvrir des aliments, ou préparations, comme le kombucha, une boisson pétillante à base de thé aux effets anti-inflammatoires, et, anti-oxydants puissants. Je cuisine les rouleaux de printemps, aux légumes rôtis, avec des épices, ou des herbes, comme le romarin. L’influence indienne aussi, avec les dhals de lentilles corail. En pâtisserie, le cobbler, la mousse au citron.

Au quotidien, je cuis des bases, au vitaliseur, et après, j’assemble, comme les légumes que j’associe à des céréales complètes. Et le cru, beaucoup. Dans mon idéal de vie slow, il y aurait beaucoup de livres, et beaucoup de cuisine !

Un souvenir d’enfance directement lié à la nourriture ?

J’en ai énormément, des grandes tablées avec tous les voisins, on mangeait les araignées de mer, que mon père avait pêchées, la cueillette des mûres pour la confiture dans les gros chaudrons, les crêpes de pomme de ma grand-mère.

On partait souvent aussi, en randonnées, à dos d’âne, et on cuisinait au feu de bois.

Une fois par an, on mangeait des pommes dauphines et j’adorais ça !  Il n’y avait pas d’interdiction chez mes parents, il n’y avait pas de bonbons, mais ils ne s’opposaient pas, à ce qu’on en mange, si on en demandait.

 

Les adresses de Claire :

A bout du champ, pour les légumes
https://www.auboutduchamp.com/

Le comptoir Local, pour le service
https://www.lecomptoirlocal.fr/

 

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